Le calcul de l’allocation chômage (ARE, allocation d’aide au retour à l’emploi) part de votre salaire journalier de référence (SJR), c’est-à-dire vos salaires bruts des 24 derniers mois divisés par le nombre de jours de la période. France Travail compare ensuite deux formules (40,4 % du SJR + 13,18 €, ou 57 % du SJR) et retient la plus favorable, dans la limite de 75 % du SJR. En pratique, l’ARE représente le plus souvent entre 70 et 80 % de votre ancien salaire net.
En bref : en 2026, l’allocation journalière minimale est de 32,13 € et la partie fixe de 13,18 €, montants inchangés au 1er juillet 2026 faute de revalorisation. Un salarié qui gagnait 2 000 € net par mois peut s’attendre à environ 1 440 € brut d’ARE par mois. Depuis le 1er septembre 2026, la durée d’indemnisation est réduite après une rupture conventionnelle.
- Qui peut toucher l’allocation chômage en 2026 ?
- Calculer le salaire journalier de référence (SJR)
- La formule de calcul de l’ARE
- Estimer son chômage à partir de son salaire net
- Durée d’indemnisation : les règles 2026
- Dégressivité et délais avant le premier versement
- Les erreurs qui faussent l’estimation
- Questions fréquentes
Qui peut toucher l’allocation chômage en 2026 ?
Pour bénéficier de l’ARE, vous devez remplir plusieurs conditions cumulatives :
- avoir perdu involontairement votre emploi : licenciement, fin de CDD ou de mission d’intérim, rupture conventionnelle, démission considérée comme légitime ou démission pour reconversion validée ;
- avoir travaillé au moins 6 mois (130 jours ou 910 heures) au cours des 24 derniers mois, ou des 36 derniers mois si vous avez 55 ans ou plus à la fin du contrat ;
- être inscrit à France Travail et rechercher activement un emploi ;
- résider en France et ne pas avoir atteint l’âge légal de départ à la retraite avec une retraite à taux plein.
D’après Service-Public.fr, une démission « classique » n’ouvre pas droit à l’ARE ; seules certaines démissions reconnues comme légitimes (suivi de conjoint, non-paiement des salaires, violences, etc.) ou les démissions pour projet de reconversion validé par une commission régionale permettent d’être indemnisé.
Calculer le salaire journalier de référence (SJR)
Le SJR est la pierre angulaire du calcul. Il se détermine en deux temps.
Le salaire de référence
France Travail additionne les rémunérations brutes perçues pendant la période de référence : 24 mois avant la fin du dernier contrat (36 mois à partir de 55 ans). Sont inclus le salaire de base, les heures supplémentaires, les primes liées à l’activité (ancienneté, rendement, treizième mois au prorata). Sont exclues les indemnités de licenciement ou de rupture conventionnelle, l’indemnité compensatrice de congés payés, les remboursements de frais, ainsi que l’intéressement et la participation.
La division par le nombre de jours
Le salaire de référence est divisé par le nombre de jours calendaires entre le premier jour du premier contrat et le dernier jour du dernier contrat dans la période. Les périodes non travaillées sont prises en compte dans une certaine limite, ce qui pénalise les parcours très fractionnés. Pour un salarié en CDI sans interruption, le calcul revient à :
SJR = salaires bruts des 24 derniers mois ÷ 730 jours, soit environ le salaire brut annuel divisé par 365.
La formule de calcul de l’ARE
Une fois le SJR connu, France Travail calcule deux montants et retient le plus élevé :
- formule A : 40,4 % du SJR + 13,18 € (partie fixe) ;
- formule B : 57 % du SJR.
Deux bornes s’appliquent ensuite : l’allocation ne peut pas être inférieure à 32,13 € par jour (allocation minimale) ni dépasser 75 % du SJR. Pour les petits salaires, la formule A est la plus favorable ; au-delà d’un SJR d’environ 79 €, c’est la formule B qui l’emporte.
Selon l’Unédic, son conseil d’administration n’a pas adopté de revalorisation des allocations au 1er juillet 2026 : la partie fixe (13,18 €), l’allocation minimale (32,13 €) et le seuil de dégressivité (92,57 € par jour) restent donc ceux fixés au 1er juillet 2025.
Exemple détaillé
Vous avez été licencié après quatre ans de CDI, avec un salaire de 2 500 € brut par mois, sans prime.
- Salaire de référence sur 24 mois : 2 500 × 24 = 60 000 €
- SJR : 60 000 ÷ 730 = 82,19 €
- Formule A : 82,19 × 40,4 % + 13,18 = 46,39 €
- Formule B : 82,19 × 57 % = 46,85 €
- Montant retenu : 46,85 € brut par jour (inférieur au plafond de 75 % du SJR, soit 61,64 €)
Depuis avril 2025, l’ARE est versée sur une base fixe de 30 jours par mois. L’allocation mensuelle brute est donc de 46,85 × 30 = 1 405,50 €.
Estimer son chômage à partir de son salaire net
La plupart des salariés connaissent leur net, pas leur brut. Le tableau ci-dessous donne un ordre de grandeur pour un salarié non-cadre du privé en CDI à temps plein, sans interruption ni prime, avec un passage du brut au net estimé à 78 %. Si vous ne connaissez pas votre brut, notre guide pour convertir un salaire brut en net vous aidera à faire le chemin inverse.
| Salaire net mensuel | Brut estimé | SJR | ARE brute / jour | ARE brute / mois (30 j) |
|---|---|---|---|---|
| 1 500 € | 1 923 € | 63,22 € | 38,72 € | ≈ 1 160 € |
| 1 800 € | 2 308 € | 75,87 € | 43,83 € | ≈ 1 315 € |
| 2 000 € | 2 564 € | 84,30 € | 48,05 € | ≈ 1 440 € |
| 2 200 € | 2 821 € | 92,73 € | 52,86 € | ≈ 1 585 € |
| 3 000 € | 3 846 € | 126,45 € | 72,08 € | ≈ 2 160 € |
Ces montants sont bruts. France Travail prélève une cotisation de retraite complémentaire (3 % du SJR), puis la CSG et la CRDS, sauf si ces prélèvements font descendre l’allocation sous certains seuils, ce qui protège les petites allocations. L’ARE est par ailleurs imposable à l’impôt sur le revenu et soumise au prélèvement à la source. Retenez qu’en net, le revenu baisse généralement de 25 à 35 % par rapport au salaire : c’est le moment d’ajuster votre budget, en vous appuyant par exemple sur notre méthode pour gérer son budget.
Durée d’indemnisation : les règles 2026
La durée des droits dépend du nombre de jours travaillés pendant la période de référence, auquel on applique un coefficient de 0,75 depuis 2023, avec un minimum de 182 jours (6 mois) et un maximum qui varie selon l’âge.
| Âge à la fin du contrat | Durée maximale (cas général) | Après rupture conventionnelle (fin de contrat depuis le 1er septembre 2026) |
|---|---|---|
| Moins de 55 ans | 18 mois | 15 mois |
| 55 et 56 ans | 22,5 mois | 20,5 mois |
| 57 ans et plus | 27 mois | 20,5 mois |
Ces durées concernent la métropole. La réduction applicable aux ruptures conventionnelles dépend de la date effective de fin du contrat de travail, pas de la date de signature de la convention.
La loi du 11 juin 2026, qui transpose l’avenant du 25 février 2026 à la convention d’assurance chômage, a réduit la durée maximale d’indemnisation des salariés dont le contrat prend fin par rupture conventionnelle à compter du 1er septembre 2026.
Dégressivité et délais avant le premier versement
La dégressivité des hautes allocations
Si vous avez moins de 55 ans et que votre allocation journalière dépasse 92,57 € brut, elle est réduite de 30 % à partir du 7e mois d’indemnisation, sans pouvoir descendre sous ce seuil. Cela concerne en pratique des salaires d’environ 4 900 € brut mensuels et plus.
Le délai d’attente et les différés
Le premier paiement n’intervient pas le lendemain de la fin du contrat. S’ajoutent :
- un délai d’attente de 7 jours ;
- un différé lié à l’indemnité compensatrice de congés payés ;
- un différé spécifique si vous avez touché des indemnités de rupture supérieures au minimum légal, plafonné à 150 jours (75 jours en cas de licenciement économique).
Après une rupture conventionnelle avec une indemnité supra-légale confortable, il peut donc s’écouler plusieurs mois avant le premier versement. Une épargne de précaution prend alors tout son sens ; voyez comment évaluer votre capacité d’épargne pour l’anticiper.
Les erreurs qui faussent l’estimation
- Partir du net sans le reconvertir en brut : le calcul officiel se fait toujours sur le brut.
- Intégrer l’indemnité de licenciement dans le salaire de référence : elle n’y entre pas, mais elle peut retarder le premier paiement.
- Oublier les périodes non travaillées : un parcours fait de CDD entrecoupés de pauses donne un SJR plus faible qu’un CDI au même salaire mensuel.
- Utiliser d’anciens montants : beaucoup d’articles citent encore la partie fixe de 12,95 € ou la durée maximale de 24 mois, qui ne sont plus d’actualité.
Pour une estimation personnalisée, le simulateur de votre espace France Travail reprend vos attestations employeur. Seule la notification de droits envoyée après l’inscription fait foi.
Questions fréquentes
Comment calculer les indemnités de chômage ?
Additionnez vos salaires bruts des 24 derniers mois et divisez par le nombre de jours de la période pour obtenir le SJR. Calculez ensuite 40,4 % du SJR + 13,18 € et 57 % du SJR, retenez le plus élevé, puis vérifiez qu’il est compris entre 32,13 € et 75 % du SJR. Multipliez par 30 pour obtenir le montant mensuel brut.
Quel chômage pour un salaire de 2 000 euros net ?
Pour un non-cadre en CDI sans interruption, 2 000 € net correspondent à environ 2 560 € brut. L’ARE atteint alors environ 48 € brut par jour, soit près de 1 440 € brut par mois avant cotisation retraite, CSG et CRDS.
Salaire 1 500 net : combien au chômage ?
Avec un salaire de 1 500 € net (environ 1 920 € brut), l’allocation journalière est proche de 38,70 € brut, soit environ 1 160 € brut par mois. Pour ce niveau de revenu, les prélèvements sociaux sont réduits ou nuls, ce qui rapproche le net du brut.
Comment calculer son chômage après une rupture conventionnelle ?
Le montant journalier se calcule exactement comme pour un licenciement. Ce qui change, c’est la durée : pour un contrat rompu depuis le 1er septembre 2026, elle est plafonnée à 15 mois avant 55 ans et à 20,5 mois au-delà. Un différé s’applique aussi si votre indemnité dépasse le minimum légal.
L’allocation chômage a-t-elle augmenté en 2026 ?
Non. L’Unédic n’a pas revalorisé les allocations au 1er juillet 2026. La partie fixe reste à 13,18 € et l’allocation minimale à 32,13 € par jour, comme depuis juillet 2025.
