L’abondement est la somme que l’employeur ajoute aux versements d’un salarié sur un plan d’épargne salariale (PEE ou PER collectif, appelé PERECO ou PERCOL selon les entreprises). Il est facultatif, défini par le règlement du plan et plafonné par la loi : en 2026, il ne peut dépasser 3 844,80 € par an sur un PEE et 7 689,60 € sur un PER collectif, ni le triple de votre propre versement. L’abondement est exonéré d’impôt sur le revenu et de cotisations sociales, mais soumis à la CSG et à la CRDS.
En bref : l’abondement est le seul « rendement » immédiat et certain de l’épargne salariale. Pour le toucher en totalité, vous devez verser au moins le montant qui déclenche le plafond prévu par votre accord. L’argent investi reste ensuite soumis aux fluctuations des fonds choisis.
- Abondement épargne salariale : définition et cadre légal
- Plafonds d’abondement 2026 : PEE et PER collectif
- Comment calculer son abondement : exemples chiffrés
- Fiscalité de l’abondement pour le salarié
- Forfait social : ce que l’abondement coûte à l’employeur
- Quand l’abondement est-il versé et combien de temps est-il bloqué ?
- Bien profiter de l’abondement : conseils pratiques
- Questions fréquentes
Abondement épargne salariale : définition et cadre légal
Le Code du travail (articles L.3332-11 pour le PEE et L.224-20 du Code monétaire et financier pour le PER collectif) définit l’abondement comme une contribution complémentaire de l’entreprise aux versements du salarié. Il peut accompagner :
- les versements volontaires du salarié ;
- le placement de sa prime d’intéressement ou de participation sur le plan ;
- dans certains cas, le transfert d’épargne d’un plan vers un autre.
Le règlement du plan fixe les règles : taux d’abondement (par exemple 50 %, 100 % ou 300 % du versement), plafond propre à l’entreprise, versements ouvrant droit à abondement et, éventuellement, modulation selon l’ancienneté ou le salaire. Ces règles doivent s’appliquer de manière collective et non discriminatoire à tous les bénéficiaires.
Il existe aussi un abondement dit unilatéral : l’employeur peut verser sur le plan une somme sans versement préalable du salarié, à condition que le règlement le prévoie et que tous les salariés en bénéficient, dans une limite fixée en pourcentage du PASS.
Plafonds d’abondement 2026 : PEE et PER collectif
Les plafonds légaux sont exprimés en pourcentage du plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS), fixé à 48 060 € pour 2026.
| Plan | Plafond légal | Montant maximal en 2026 | Limite liée au versement du salarié |
|---|---|---|---|
| PEE (plan d’épargne entreprise) | 8 % du PASS | 3 844,80 € | 3 fois le versement du salarié |
| PER collectif (ex-PERCO, PERECO, PERCOL) | 16 % du PASS | 7 689,60 € | 3 fois le versement du salarié |
| Total PEE + PER collectif | 24 % du PASS | 11 534,40 € | — |
D’après l’arrêté fixant le plafond de la Sécurité sociale, le PASS s’élève à 48 060 € en 2026, soit une hausse d’environ 2 % par rapport à 2025 ; les plafonds d’abondement et d’épargne salariale en découlent directement.
Vos propres versements volontaires sur un PEE sont, eux, limités à 25 % de votre rémunération annuelle brute (ou de votre revenu professionnel pour un dirigeant). Les primes d’intéressement et de participation placées sur le plan ne sont pas prises en compte dans ce plafond.
Comment calculer son abondement : exemples chiffrés
Exemple 1 : abondement à 100 % plafonné par l’entreprise
Votre accord prévoit un abondement de 100 % dans la limite de 1 500 € par an sur le PEE. Si vous versez 1 000 €, l’entreprise ajoute 1 000 €. Si vous versez 2 000 €, elle ajoute 1 500 € seulement : les 500 € supplémentaires ne génèrent plus d’abondement.
Exemple 2 : atteindre le plafond légal
Avec un taux de 300 %, il suffit de verser 1 281,60 € sur le PEE pour obtenir l’abondement maximal de 3 844,80 €. Sur le PER collectif, il faut verser 2 563,20 € pour obtenir 7 689,60 €.
Exemple 3 : montant net perçu
L’abondement supporte la CSG et la CRDS au taux de 9,7 %, prélevées à l’entrée. Un abondement brut de 1 000 € se traduit donc par environ 903 € réellement investis sur votre plan. Le gain reste considérable : pour 1 000 € versés par vous, 1 903 € sont placés.
| Votre versement | Taux d’abondement | Abondement brut | Abondement net (après 9,7 %) | Total placé |
|---|---|---|---|---|
| 1 000 € | 50 % | 500 € | 451,50 € | 1 451,50 € |
| 1 000 € | 100 % | 1 000 € | 903 € | 1 903 € |
| 1 281,60 € | 300 % | 3 844,80 € | 3 471,85 € | 4 753,45 € |
Fiscalité de l’abondement pour le salarié
- Impôt sur le revenu : l’abondement est exonéré s’il est placé sur le plan et respecte les plafonds.
- Cotisations sociales : il n’est pas soumis aux cotisations salariales et patronales de Sécurité sociale.
- CSG-CRDS : 9,7 % prélevés au moment du versement.
- Plus-values à la sortie : sur un PEE, les gains sont exonérés d’impôt mais soumis aux prélèvements sociaux, portés à 18,6 % depuis le 1er janvier 2026. Sur un PER collectif, la fiscalité de sortie dépend du mode de retrait (capital ou rente) et de l’origine des sommes.
Le détail par type de sortie est expliqué dans notre article sur la fiscalité de l’épargne salariale.
Forfait social : ce que l’abondement coûte à l’employeur
Pour l’entreprise, l’abondement est déductible du résultat imposable et exonéré de cotisations sociales, mais il peut être soumis au forfait social, une contribution patronale versée à l’Urssaf.
| Effectif de l’entreprise | Forfait social sur l’abondement |
|---|---|
| Moins de 50 salariés | 0 % |
| 50 salariés et plus, abondement PEE | 20 % |
| 50 salariés et plus, abondement PER collectif | 16 % si la gestion pilotée par défaut investit une part minimale en titres de PME et ETI, 20 % sinon |
Selon l’Urssaf, le forfait social est supprimé depuis la loi Pacte de 2019 sur l’intéressement, la participation et l’abondement dans les entreprises de moins de 50 salariés, et sur l’intéressement dans celles de 50 à 249 salariés.
Pour une entreprise de 120 salariés, un abondement de 1 000 € sur un PEE coûte donc 1 200 € et procure au salarié environ 903 € placés. Verser 903 € nets sous forme de prime sur salaire coûterait souvent plus de 1 600 €, une fois les cotisations salariales et patronales ajoutées. C’est ce qui rend l’abondement attractif pour l’employeur comme pour le salarié.
Quand l’abondement est-il versé et combien de temps est-il bloqué ?
L’abondement est généralement versé en même temps que votre versement, ou à une date fixée par le règlement (fin de trimestre, fin d’année). Il apparaît sur votre relevé sous une ligne distincte. Il suit ensuite les règles de disponibilité du plan :
- PEE : sommes bloquées 5 ans, sauf cas de déblocage anticipé (mariage ou PACS, naissance d’un troisième enfant, achat de la résidence principale, rupture du contrat de travail…).
- PER collectif : sommes bloquées jusqu’à la retraite, sauf achat de la résidence principale et accidents de la vie.
Les conditions précises figurent dans notre article sur le déblocage anticipé de l’épargne salariale.
Bien profiter de l’abondement : conseils pratiques
- Lisez le règlement du plan pour connaître le taux, le plafond de l’entreprise et les versements éligibles.
- Versez au moins le montant qui déclenche l’abondement maximal, si votre budget et votre épargne de précaution le permettent.
- Arbitrez entre PEE et PER collectif selon votre horizon : le PEE est disponible après 5 ans, le PER seulement à la retraite. Notre article transférer son PEE vers un PER détaille cette option, qui peut elle-même ouvrir droit à abondement.
- Choisissez des supports adaptés : l’abondement est un gain immédiat, mais les fonds (actions, obligations, monétaires) peuvent baisser. Un fonds actions sur un horizon de 5 ans peut terminer en perte.
- Attention aux fonds d’actionnariat salarié : concentrer son épargne sur les actions de son employeur expose à un double risque, sur son emploi et sur son épargne.
Pour une vue d’ensemble des dispositifs, consultez notre guide de l’épargne salariale.
Questions fréquentes
Quel est le plafond de l’abondement en 2026 ?
Le plafond légal est de 8 % du PASS sur un PEE, soit 3 844,80 €, et de 16 % du PASS sur un PER collectif, soit 7 689,60 € en 2026. Dans tous les cas, l’abondement ne peut dépasser trois fois le versement du salarié, et l’entreprise peut fixer un plafond inférieur.
L’abondement est-il obligatoire ?
Non, il est facultatif. L’entreprise décide de le prévoir ou non dans le règlement du plan, et en fixe le taux et le plafond. Une fois prévu, il doit bénéficier à tous les salariés selon des règles identiques.
L’abondement est-il imposable ?
Il est exonéré d’impôt sur le revenu et de cotisations sociales, mais soumis à la CSG et à la CRDS (9,7 %) au moment du versement. Les gains réalisés ensuite sur le plan supportent les prélèvements sociaux à la sortie.
Que devient l’abondement si je quitte l’entreprise ?
L’abondement déjà versé vous appartient définitivement. La rupture du contrat de travail est un cas de déblocage anticipé du PEE ; vous pouvez aussi conserver les sommes ou les transférer vers le plan de votre nouvel employeur. Sur un PER collectif, l’épargne reste bloquée jusqu’à la retraite mais peut être transférée.
