Fiscalité de l’épargne salariale : impôt, prélèvements sociaux et sortie

La fiscalité de l’épargne salariale repose sur un principe simple : l’intéressement, la participation et l’abondement placés sur un PEE ou un PER collectif (PERCOL) sont exonérés d’impôt sur le revenu, mais ils supportent la CSG et la CRDS à l’entrée, puis les prélèvements sociaux sur les gains à la sortie. L’employeur, de son côté, peut devoir un forfait social selon la taille de l’entreprise.

En bref : en 2026, une prime placée échappe à l’impôt sur le revenu, subit 9,7 % de CSG-CRDS au versement, et ses plus-values sont taxées à 18,6 % de prélèvements sociaux lors du retrait. Une prime perçue immédiatement est, elle, imposée comme un salaire.

Épargne salariale et impôt sur le revenu : ce qui est exonéré

Le Code général des impôts (article 81, 18° et 18° bis) exonère d’impôt sur le revenu la participation, l’intéressement et l’abondement dès lors qu’ils sont affectés à un plan d’épargne salariale et restent bloqués pendant la durée prévue. Concrètement, ces sommes n’apparaissent pas dans votre revenu imposable et ne doivent pas être déclarées.

L’exonération porte aussi sur les revenus générés à l’intérieur du plan (dividendes, intérêts, plus-values des FCPE), à condition qu’ils soient réinvestis et bloqués comme le reste de l’épargne. Au moment du retrait, le capital et les gains sortent donc sans impôt sur le revenu pour le compartiment « épargne salariale ».

Les plafonds d’exonération sont fixés en pourcentage du plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS), qui s’élève à 48 060 € en 2026 :

Somme placée Plafond 2026 par bénéficiaire Impôt sur le revenu
Intéressement placé 36 045 € (75 % du PASS) Exonéré
Participation placée 36 045 € (75 % du PASS) Exonérée
Abondement sur PEE 3 844,80 € (8 % du PASS) Exonéré
Abondement sur PERCOL 7 689,60 € (16 % du PASS) Exonéré

L’abondement ne peut pas dépasser trois fois votre propre versement. Pour le calcul détaillé de ce complément et les stratégies pour le capter en totalité, consultez notre guide sur l’abondement de l’épargne salariale et ses plafonds 2026.

D’après Service-Public.fr, les sommes issues de l’intéressement ou de la participation placées sur un plan d’épargne salariale n’ont pas à être déclarées, alors que les primes perçues directement doivent l’être avec les salaires.

Le cas des versements volontaires

Vos versements personnels sur un PEE proviennent de votre salaire net, déjà imposé : ils n’ouvrent droit à aucune déduction. Sur un PERCOL, vous pouvez en revanche opter pour la déduction de vos versements volontaires de votre revenu imposable, dans la limite du plafond épargne retraite. Cette déduction se paie à la sortie : le capital correspondant sera alors imposé au barème. Les versements volontaires restent plafonnés, tous plans confondus, à 25 % de votre rémunération annuelle brute.

CSG-CRDS à l’entrée : 9,7 % sur les primes et l’abondement

L’exonération d’impôt ne vaut pas exonération de prélèvements sociaux. Avant même d’être placées, la participation, l’intéressement et l’abondement supportent la CSG (9,2 %) et la CRDS (0,5 %), soit 9,7 % au total, prélevés directement par l’employeur ou le teneur de compte. Ce taux n’a pas été modifié en 2026.

C’est la raison pour laquelle une prime brute de 1 000 € se traduit par environ 903 € effectivement investis sur votre plan.

Prélèvements sociaux sur les gains : 18,6 % en 2026

À la sortie, seuls les gains sont taxés, jamais le capital versé. Les plus-values et revenus réinvestis supportent les prélèvements sociaux sur les revenus de placement. La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 a relevé la CSG sur ces revenus de 1,4 point : le taux global passe de 17,2 % à 18,6 % depuis le 1er janvier 2026 (10,6 % de CSG, 0,5 % de CRDS et 7,5 % de prélèvement de solidarité).

Pour les versements effectués avant le 1er janvier 2018, une règle particulière subsiste : la fraction des gains acquise avant cette date peut être taxée aux taux historiques en vigueur lors de leur constitution.

Selon les informations publiées par plusieurs teneurs de comptes d’épargne salariale début 2026, la hausse de CSG prévue par la LFSS 2026 s’applique aux plus-values des retraits de PEE et de PERCOL, tandis que la CSG-CRDS de 9,7 % prélevée à l’entrée reste inchangée.

Exemple chiffré : prime placée ou prime encaissée ?

Prenons un salarié qui reçoit 1 000 € d’intéressement brut et se situe dans la tranche marginale d’imposition à 30 %. Hypothèse de rendement de 4 % par an sur 5 ans, purement illustrative : les fonds d’épargne salariale peuvent perdre de la valeur.

Étape Prime placée sur le PEE Prime perçue immédiatement
CSG-CRDS à 9,7 % – 97 € – 97 €
Montant disponible 903 € investis 903 € versés sur votre compte
Impôt sur le revenu 0 € environ 280 € (base imposable proche de 930 €)
Valeur après 5 ans environ 1 099 € (196 € de gains) –
Prélèvements sociaux sur les gains (18,6 %) environ 36 € –
Net final environ 1 063 € environ 623 € (avant tout placement)

L’écart vient surtout de l’impôt sur le revenu évité à l’entrée. Il est d’autant plus important que votre taux marginal est élevé.

Le forfait social, la contribution payée par l’employeur

Le forfait social est une contribution patronale due sur les sommes d’épargne salariale versées par l’entreprise. Les taux applicables en 2026 dépendent de l’effectif :

  • Moins de 50 salariés : 0 % sur l’intéressement, la participation et l’abondement.
  • De 50 à 249 salariés : 0 % sur l’intéressement ; 20 % sur la participation et l’abondement (16 % lorsqu’ils sont versés sur un PERCOL répondant aux conditions de gestion pilotée).
  • 250 salariés et plus : 20 % sur l’ensemble, ramené à 16 % pour les sommes versées sur un PERCOL éligible au taux réduit.

Le taux réduit de 16 % suppose que le PERCOL propose par défaut une gestion pilotée comportant une part minimale de titres éligibles au PEA-PME.

D’après l’Urssaf, le forfait social s’applique aux rémunérations exonérées de cotisations sociales mais soumises à la CSG, au premier rang desquelles figurent l’intéressement, la participation et l’abondement de l’employeur.

Déblocage anticipé : quelle fiscalité ?

Les sommes d’un PEE sont bloquées cinq ans, celles d’un PERCOL jusqu’à la retraite. Lorsque vous retirez votre épargne avant ce terme pour l’un des motifs prévus par le Code du travail (mariage ou Pacs, naissance d’un troisième enfant, achat de la résidence principale, rupture du contrat de travail, invalidité, surendettement, etc.), l’avantage fiscal est conservé : pas d’impôt sur le revenu, seulement les prélèvements sociaux de 18,6 % sur les gains.

  • Sur un PERCOL, un déblocage pour achat de la résidence principale portant sur des versements volontaires que vous avez déduits entraîne l’imposition de ces versements au barème, et des gains au prélèvement forfaitaire.
  • Une demande hors délai ou hors motif légal n’est pas un déblocage régulier : les sommes ne peuvent en principe pas être retirées, et un retrait irrégulier fait perdre l’exonération.

La liste complète des motifs, les pièces à fournir et le délai de six mois après l’événement sont détaillés dans notre article sur le déblocage anticipé de l’épargne salariale.

Fiscalité du PERCOL à la retraite : capital ou rente

Le PER collectif distingue les sommes selon leur origine. La fiscalité de sortie n’est pas la même pour l’épargne salariale et pour vos versements volontaires.

Origine des sommes Sortie en capital Sortie en rente viagère
Intéressement, participation, abondement Exonération totale d’impôt sur le revenu ; prélèvements sociaux sur les gains Rente viagère à titre onéreux : seule une fraction est imposable (50 % entre 50 et 59 ans, 40 % entre 60 et 69 ans, 30 % à partir de 70 ans)
Versements volontaires déduits Versements imposés au barème ; gains au prélèvement forfaitaire unique Imposée comme une pension de retraite, après abattement de 10 %
Versements volontaires non déduits Versements exonérés ; gains au prélèvement forfaitaire unique Rente viagère à titre onéreux (fraction imposable selon l’âge)

Le prélèvement forfaitaire unique atteint 31,4 % en 2026 (12,8 % d’impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux). Pour le compartiment épargne salariale, la sortie en capital est donc fiscalement la plus douce. La rente garantit un revenu à vie, mais une partie entre chaque année dans votre revenu imposable.

Si vous détenez encore un ancien PERCO ou un PEE à faire fructifier jusqu’à la retraite, nous détaillons l’intérêt d’un transfert du PEE vers un PER.

Décès et succession

Le décès du titulaire est un cas de déblocage anticipé. Les ayants droit doivent demander la liquidation dans les six mois qui suivent le décès pour conserver l’exonération d’impôt sur les plus-values ; au-delà, les gains constatés après ce délai deviennent imposables. Les avoirs d’un PEE ou d’un PERCOL font partie de la succession et sont soumis aux droits de succession, contrairement à l’assurance vie.

Comment optimiser la fiscalité de votre épargne salariale

  • Placez plutôt qu’encaisser lorsque vous n’avez pas un besoin immédiat : l’économie d’impôt est d’autant plus forte que votre tranche est élevée. Vous disposez en général de 15 jours après l’information de votre employeur pour choisir ; sans réponse, la prime est placée selon les règles de l’accord.
  • Allez chercher l’abondement maximal : il est exonéré d’impôt et ne supporte que 9,7 % de CSG-CRDS.
  • Utilisez les cas de déblocage pour financer un projet (achat immobilier notamment) sans perdre l’exonération.

Pour comprendre la différence entre les deux primes qui alimentent ces plans, voyez notre page sur la prime de participation et l’intéressement. Le fonctionnement général des plans (PEE, PERCOL, PEI) est présenté dans notre guide du plan d’épargne salariale.

Les supports d’épargne salariale sont majoritairement investis en actions ou en obligations : leur valeur fluctue et le capital n’est pas garanti. L’avantage fiscal ne compense pas une perte en capital.

Questions fréquentes

Est-ce que l’épargne salariale est imposable ?

Pas à l’impôt sur le revenu tant que les sommes sont placées sur un PEE ou un PERCOL et respectent la durée de blocage ou un motif de déblocage légal. Elles supportent en revanche la CSG-CRDS à l’entrée (9,7 %) et les prélèvements sociaux sur les gains au retrait (18,6 % en 2026). Une prime versée directement sur votre compte bancaire est imposable.

Quelle est la fiscalité d’un PEE après 5 ans ?

Après cinq ans, vous pouvez retirer tout ou partie de votre PEE sans impôt sur le revenu, ni sur le capital ni sur les plus-values. Seuls les gains supportent les prélèvements sociaux de 18,6 %.

Comment déclarer son épargne salariale ?

Les sommes placées sur un plan n’ont pas à être déclarées. Seuls l’intéressement et la participation perçus immédiatement doivent figurer dans vos salaires, en principe déjà inclus dans le montant prérempli. Les retraits d’un PEE n’ont pas non plus à être déclarés, les prélèvements sociaux étant retenus à la source par le teneur de compte.

Comment sont calculés les prélèvements sociaux sur l’épargne salariale ?

Ils s’appliquent uniquement à la plus-value, c’est-à-dire la différence entre le montant retiré et les sommes investies correspondantes. Par exemple, sur un retrait de 5 000 € dont 800 € de gains, vous payez 18,6 % de 800 €, soit 148,80 €.

Le déblocage anticipé est-il imposable ?

Non, s’il repose sur un motif prévu par la loi et que la demande est faite dans les délais : l’exonération d’impôt sur le revenu est maintenue, seuls les gains supportent les prélèvements sociaux. Sur un PERCOL, les versements volontaires déduits et débloqués pour l’achat de la résidence principale sont toutefois imposés.

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