Le hedging (couverture, en français) consiste à prendre une position dont la valeur évolue en sens inverse d’une position existante, afin de limiter les pertes en cas de mouvement défavorable du marché. En trading, on couvre une position sur actions, devises ou matières premières avec des options, des contrats à terme (futures), des CFD ou des actifs corrélés. La couverture a un coût et réduit aussi les gains potentiels : c’est une assurance, pas une source de profit.
En bref : acheter un put protège une position acheteuse sous un prix plancher contre le paiement d’une prime ; vendre un contrat à terme fige un prix mais supprime le potentiel de hausse. Avant de couvrir, calculez le coût de la protection et le ratio de couverture nécessaire.
- Qu’est-ce que le hedging en trading ?
- Les instruments de couverture d’une position
- Exemple chiffré : couvrir des actions avec un put
- Exemple chiffré : couvrir un portefeuille avec des futures
- Les autres stratégies de hedging
- Quand une couverture de position a-t-elle du sens ?
- Les risques et limites du hedging
- Les erreurs fréquentes
- Questions fréquentes
Qu’est-ce que le hedging en trading ?
Le mot vient de l’anglais « hedge », la haie qui protège un terrain. Couvrir une position, c’est accepter de renoncer à une partie du gain possible pour réduire la perte maximale. Les producteurs agricoles l’utilisent depuis le XIXe siècle sur les marchés à terme : un céréalier vend sa récolte à l’avance à un prix fixé pour ne pas subir une chute des cours. Les entreprises exportatrices couvrent leurs recettes en dollars, les gérants couvrent leurs portefeuilles d’actions.
Il ne faut pas confondre hedging et hedge fund. Malgré leur nom, les hedge funds sont des fonds spéculatifs qui utilisent des stratégies variées, souvent à effet de levier, et ne cherchent pas nécessairement à couvrir leurs risques.
Les instruments de couverture d’une position
| Instrument | Principe | Coût | Inconvénient principal |
|---|---|---|---|
| Achat d’option de vente (put) | Droit de vendre l’actif à un prix fixé jusqu’à une date | Prime payée d’avance | La prime est perdue si le marché monte |
| Vente de contrat à terme (future) | Engagement de vendre à un prix fixé à une échéance | Pas de prime, dépôt de garantie | Le gain de la position couverte est neutralisé en cas de hausse |
| CFD vendeur | Position à découvert sur l’actif ou un indice | Spread et frais de financement quotidiens | Effet de levier, risque de contrepartie |
| Change à terme | Fixer aujourd’hui le cours d’une devise future | Écart de taux entre devises | Pas de profit si la devise évolue favorablement |
| Actif corrélé négativement | Détenir un actif qui monte quand l’autre baisse (or, obligations d’État) | Variable | Corrélation instable dans le temps |
Exemple chiffré : couvrir des actions avec un put
Vous détenez 100 actions achetées 50 €, soit 5 000 €, et vous craignez une baisse d’ici trois mois. Vous achetez des options de vente donnant le droit de vendre 100 actions à 48 € à l’échéance, pour une prime de 1,50 € par action, soit 150 €.
| Cours à l’échéance | Résultat sans couverture | Résultat avec le put (prime incluse) |
|---|---|---|
| 35 € | − 1 500 € | − 350 € |
| 45 € | − 500 € | − 350 € |
| 50 € | 0 € | − 150 € |
| 60 € | + 1 000 € | + 850 € |
La perte maximale est plafonnée à 350 € (2 € d’écart entre prix d’achat et prix d’exercice, plus la prime), quelle que soit l’ampleur de la baisse. En contrepartie, la prime ampute le gain si le cours monte. Plus la protection est proche du cours actuel ou longue, plus elle coûte cher ; en période de forte volatilité, les primes augmentent.
Exemple chiffré : couvrir un portefeuille avec des futures
Un portefeuille d’actions françaises de 100 000 € suit à peu près le CAC 40. Pour le couvrir pendant une période à risque, son détenteur vend des contrats à terme sur l’indice pour une valeur notionnelle équivalente. Si le marché baisse de 10 %, le portefeuille perd environ 10 000 € et la position vendeuse en gagne autant. S’il monte de 10 %, c’est l’inverse : le gain du portefeuille est absorbé par la perte sur les contrats.
Le nombre de contrats se calcule avec la formule suivante : nombre de contrats = (valeur du portefeuille × bêta) ÷ (niveau de l’indice × multiplicateur du contrat). Le bêta mesure la sensibilité du portefeuille à l’indice : un portefeuille de bêta 1,2 varie en moyenne de 12 % quand l’indice varie de 10 %, et nécessite donc 20 % de contrats en plus.
Les autres stratégies de hedging
Le collar
On achète un put et on vend simultanément une option d’achat (call) à un prix plus élevé. La prime encaissée sur le call finance tout ou partie du put. Le résultat est encadré entre un plancher et un plafond : protection peu coûteuse, mais gain limité.
Le delta hedging
Utilisé par les teneurs de marché et les traders d’options, il consiste à ajuster en continu une position sur l’actif sous-jacent pour neutraliser la sensibilité (le « delta ») d’un portefeuille d’options aux petites variations de prix. Cette technique demande des réajustements fréquents et génère des frais de transaction importants ; elle est peu adaptée à un particulier.
Le hedging sur le forex
Sur le marché des changes, une entreprise qui attend 1 million de dollars dans six mois peut vendre ces dollars à terme dès aujourd’hui. Pour un trader, couvrir une position sur une paire en ouvrant la position inverse sur la même paire n’a guère d’intérêt : les deux positions s’annulent tandis que les frais continuent de courir. Les régulateurs américains interdisent d’ailleurs cette pratique chez les courtiers qu’ils supervisent. Pour les particularités de la principale paire de devises, voyez notre article sur le trading EUR/USD.
La couverture sur matières premières
Compagnies aériennes et producteurs de céréales ou de métaux couvrent leurs achats ou ventes futurs sur les marchés à terme. Côté particulier, certains détiennent de l’or comme couverture partielle contre les crises financières, avec les limites expliquées dans notre guide pour investir dans l’or.
Quand une couverture de position a-t-elle du sens ?
- Avant un événement précis (résultats d’une société, élection, décision de banque centrale) quand vous ne voulez pas vendre vos titres.
- Pour des raisons fiscales ou patrimoniales : vendre déclencherait une imposition ou ferait perdre l’ancienneté d’une enveloppe.
- Pour un risque de change sur un placement ou une recette en devise.
- Pour une concentration excessive sur un titre, par exemple des actions de son employeur.
À l’inverse, couvrir en permanence un portefeuille de long terme coûte cher : sur plusieurs années, les primes payées peuvent absorber une large part du rendement. Réduire simplement l’exposition (vendre une partie des titres) est souvent plus efficace et moins coûteux.
Les risques et limites du hedging
Une couverture imparfaite laisse un risque résiduel : un portefeuille de valeurs moyennes ne suit pas exactement le CAC 40, et la corrélation entre deux actifs peut se rompre en pleine crise. Les produits à effet de levier ajoutent leur propre risque : un appel de marge sur une position vendeuse peut obliger à apporter des liquidités rapidement.
L’AMF rappelle que les CFD et les options sont des produits complexes, et que la grande majorité des comptes de particuliers qui négocient des CFD sont perdants ; depuis 2018, les fournisseurs européens doivent afficher le pourcentage de clients qui perdent de l’argent.
Selon l’ESMA, l’effet de levier des CFD proposés aux particuliers dans l’Union européenne est plafonné (30 pour 1 sur les principales paires de devises, 5 pour 1 sur les actions) et une protection contre le solde négatif est obligatoire.
Pour décider du moment de la couverture, certains traders s’appuient sur l’analyse technique, par exemple la formation d’une tête-épaules décrite dans notre article sur les figures chartistes.
Les erreurs fréquentes
- Couvrir après la baisse, quand les primes d’options ont déjà flambé.
- Oublier l’échéance : un put qui expire laisse la position à découvert.
- Sur-couvrir et se retrouver, de fait, vendeur net du marché.
- Négliger les frais de financement des CFD conservés plusieurs semaines.
Questions fréquentes
Que veut dire hedging en français ?
Hedging se traduit par « couverture ». Il désigne toute opération destinée à réduire le risque d’une position existante en prenant une position de sens opposé ou en achetant une protection.
Quel est un exemple simple de hedging ?
Vous détenez des actions et achetez une option de vente sur ces mêmes actions. Si le cours chute, la valeur de l’option augmente et compense en grande partie la perte. Si le cours monte, vous perdez seulement la prime payée.
Le hedging est-il sans risque ?
Non. Il réduit un risque précis mais en introduit d’autres : coût de la protection, couverture imparfaite, risque de contrepartie ou appel de marge sur les produits dérivés. Une couverture mal dimensionnée peut même augmenter les pertes.
Quelle différence entre hedging et hedge fund ?
Le hedging est une technique de couverture. Un hedge fund est un fonds d’investissement alternatif qui peut utiliser la couverture parmi bien d’autres stratégies, souvent avec effet de levier et une prise de risque importante.
